dimanche 6 mai 2007

Monsieur William


Que faisiez-vious au milieu des laitious? Monsieur William.
Une faucille et un marteau entrecroisés ornent la boucle cuivrée de sa ceinture... rouge? Non marron, d'un cuir marron clair. Sa casquette, elle, est rouge vif. Monsieur William est un peu provocateur mais son communisme n'est pas autoritaire, il est chaleureux et partageur. Le jardin c'est aussi son espace d'expression pour que vivent ses idées. Avant il y avait l'usine, les voix se sont tues.
On le retrouve régulièrement Monsieur William. Le 1er mai, comme porte-banderolle, sérieux derrière la voiture-balais qui crache des musiques d'aujourd'hui mais révolutionnaires tout de même . Ouf, l'honneur est sauf. Le 6 mai, au marché aux fleurs de Roubaix il cherche des tomates noires de Crimée. Da, da. Le libraire, rencontré à l'occasion, est taquin : " elles sont anarchistes ces tomates!". Mais Monsieur William n'en veut pas à ce Belge militant qui mène depuis des années un dur combat pour la liberté d'expression des nains de jardin. Certains sont là d'ailleurs, au soleil. Les plus sages ont eu droit à une petite excursion dominicale. Les autres devront attendre le 32 mars prochain pour la grande sortie. La Terre aura réalisé plusieurs révolutions d'ici là!

jeudi 3 mai 2007

Quatres ailes

Paris- Roubaix… ça peut devenir aussi tout un périple en automobile… surtout en 4L.
Je vous l’avais prévenu, Nanar est un personnage qui ne manque pas d’air. Achetée en novembre 1985 à la suite d’un tonneau exemplaire en 2CV à 40km à l'heure sur une petite départementale d’Auvergne, sa 4L a subi maintes transformations et péripéties. Outre la rouille sur la carlingue, la mousse qui poussait sur le rebord des fenêtres, les dernières modifications ont été l’ajout de 3 portières particulièrement bien assorties et d'un nouveau capot, après que les jeunes de la Cité avaient pris coutume de s'asseoir dessus à la manière d'un banc public.
Bref, si on totalise tout ce qu’a pu coûter cette voiture estampillée « art pauvre » depuis 20ans, ça équivaudrait au moins à une Twingo neuve. Mais Nanar, lui il s’en fout… C’est un drôle de fétichiste!

L’aile ou la cuisse ?
On dit que les 4L finissent généralement en poulailler, au fond du jardin... Une étude statistique sur tout le territoire rural français serait en tout cas envisageable pour pouvoir infirmer pareil cliché funèbre.

dimanche 22 avril 2007

La salopette bleue

M. Gomez a gardé du temps où il y travaillait une magnifique salopette bleue qu'il porte sur son marcel blanc et qui porte le nom de l'enteprise en lettres brodées, Terken. Mais la brasserie a fermé ses portes suivant tardivement le destin de l'industrie textile. Dépôt de bilan. Voilà 7 hectares abandonnés, des employés licenciés et tout un quartier qui meurt.




Les ouvriers ont presque disparus du paysage. A poximité, le peignage de la Tossée est allé poursuivre son activité à l'étranger. La Mairie a décidé d'un projet de reconversion passant par la démolition des habitations du quartier de l'Union. La majorité des habitants sont partis à force de pression, sans dire un mot à ceux qui sont restés, attachés à leur maison et à leurs souvenirs. Ceux-là attendent, s'opposent et voient défiler depuis des années des projets de toutes sortes, sans qu'un seul d'entre eux ne voit le jour.

Ce qui est sûr c'est qu'ils veulent changer la physionnomie de cet espace, que Roubaix ne soit plus dans l'esprit des gens cette ville sinistrée alignant maisons vétustes et friches industrielles mais une ville dynamique et colorée. Bref une ville pour les autres, pour ceux qui n'osaient pas s'installer si loin de chez eux, et qui font aujourd'hui un saut sur le trampoline pour arriver sur un coussin ouaté préparé par la Mairie.

A vendre. Vendu. A vendre. Vendu. Roubaix, ville à vendre. On passe de façade ravalée en façade lépreuse, de chemise blanche en salopette bleue.

vendredi 20 avril 2007

Sèche et rêche

Avril, découvre-toi d'un fil! Au nord de la Loire, Météo France annonce des températures records pour la saison. Soleil et chaleur précoce. Depuis qu'on cultive le jardin, la notion de sécheresse a pris une connotation nouvelle: la terre va manquer d'eau! Nos légumes et nos fleurs aussi... Surtout quand à vu d'oeil, l'eau de pluie s'amenuise dans notre tonnelet.

Nous, les citadins, on se préoccupe pas trop de ces trucs d'péquenot. A la télé, passeront sûrement en boucle les images de rivières asséchées, de terres craquelées pendant que l'eau du robinet coulera à flot pour finir la vaisselle...
Là, la réalité nous rattrape: il n'y pas de robinet d'approvisionnement en eau dans le jardin collectif. On se doit de gérer notre stock d'eau avant l'été... Déjà un gros problème. Entre-temps, on limite notre dépendance en paillant, en binant d'autant plus.


Je regarde le jardin chichement coloré: les myosotis, les giroflées en fleurs... Les planches de culture déjà en ligne.
Puis, je songe à mimer la danse de la pluie comme ferait un amérindien d'Epinal. A force d'attendre, on en devient presque superstitieux... C'est vraiment étrange de se retrouver soumis au bon vouloir du dérèglement climatique.
Vivement que ça drache fort!

mercredi 18 avril 2007

Apprentissage chaotique

Artichaut: On lui a coupé l'extrémité des feuilles, une tentative d'après un vague souvenir de quelque chose qui ... Croyons aux miracles. On l'a vraiment planté comme des nuls. Pas de fumure de fond ni de compost, tout juste un peu de terreau de commerce, l'artichaut directement installé dessus, c'est pas recommandé.

Bourrache: Elle formera de belles hampes florales. Imaginons! En attendant, elle n'a qu'une seule et unique feuille mitée par trop d'appétits voraces.

Epinards: Les premiers jours on ne savait pas très bien à quoi pouvaient ressembler les jeunes plants. On n'arrivait pas à les différencier des mauvaises herbes car elles produisent de fines feuilles allongées à l'image des pousses de chien-dents. Une deuxième paire de feuilles à la forme plus arrondie est apparue. Nous allons devoir procéder à l'éclaircissement des plants sur le rang pour qu'un seul pied d'épinard sur quatre reste en place.

Fraisiers: On les a achetés chez les maraîchers présents sur le marché du dimanche. On en ignore la variété. Ils font une vingtaine de cm de hauteur et ont déjà de jolies fleurs blanches.

Panais: C'est un légume qui peut développer des racines de 80 cm dans une terre bien ameublie. Notre terre est tassée à force de la piétiner imprudemment. Alors s'il peut fendre le sol d'une petite vingtaine de centimètre ça nous semblerait honorable.

Radis: Sur un rang, entre les panais on a planté des radis voilà déjà 6 jours et rien de nouveau sous le soleil. Il paraîtrait que la lune a une influence sur la venue des légumes. Notre voisin nous a prédit une montée en fleur. Ne plantez pas à la lune montante! Mais la trajectoire des astres ne semble pas être notre souci immédiat puisque nous avons à faire face à une attaque en ligne d'altises. Nous tentons la cendre de bois pour les repousser.

Rhubarbe: Pas sûr du tout que ce repiquage fasse de belles tiges brunes. La feuille s'abaissait sur une tige arquebouttée lamentablement. Nous l'avons coupée pour qu'elle soit plus vigoureuse. Elle a refait une feuille.

Sauge: C'est venu d'un coup alors qu'on les attendait plus. On avait mis toutes les graines dans deux petits bacs, bien exposés à la lumière sur le rebord du velux. Se disant qu'ils allaient s'étouffer, on a décidé de les séparer par groupes de 3 ou 4. Seulement ça leur a pas réussi et on commence à compter les morts.

Salade: De manière générale ça pousse pas vite. Pour certaines ça pousse plus du tout pour la simple raison qu'elles se sont faites bouffer par des nuisibles coriaces: les limaces. Au cas d'attaque de nématodes par le pied. Les oeillets d'Inde seraient d'excellents répulsifs contre ces vers plantés à proximité des cultures. De plus, on a mis de la tonte de gazon pour pailler le sol pour garder l'humidité du sol.

Trèfle: Ouf! En voilà un qui s'en sort dignement, occupant progressivement le sol de ces trois petites feuilles vertes. Un seul hic: on s'est planté de variété. Le trèfle violet qu'on a semé monte plus haut que le blanc et ne permet pas de couvrir le sol à la manière d'un tapis de mousse. Plus tard il posera un autre problème, ses racines sont profondes et rendent difficile le bêchage.

lundi 16 avril 2007

Fontaine

Elle voyait bien que quelque chose fuyait. Mina tira la chasse pour s'en convaincre, son corps suspendu au gargouillis de l'eau. Lorsque le loquet s'abaissa sur le couvercle en faïence, le calme revint avec un imperceptible trouble qui ondulait à la surface. Elle voyait bien.
Mina se pencha et du bout de l'index, toucha la paroi. Un petit filet lui coulait sur l'ongle comme de l'émail.
Pour la première fois, elle considéra son water-closet.
C'était un vieux modèle à la robinetterie rouillée que son véreux de propriétaire n'avait pas jugé utile de faire changer. La facture anormalement élevée remontait... Toute l'affaire allait enfin se résorber.

Le couvercle du cabinet reposait sur le carrelage et Mina poursuivit son auscultation comme une novice. A l'intérieur, l'étonnement survînt en découvrant un mécanisme aussi étrange qu'élémentaire: "Ça fonctionne ainsi?" Pour vérifier, elle retira la chasse. 7 litres d'eau disparut par le siphon avant que le bac ne se remplisse de nouveau jusqu'au point d'équilibre indiqué par le flotteur. Cependant, le goûte à goûte persistait. Mina se résolut à couper l'arrivée d'eau. Le robinet rouillé fuit à son tour au point qu'il fallut mettre un seau afin d'éviter tout dégât chez le voisin d'en-dessous.
Mina s'était accroupie en train d'éponger à l'aide d'une serpillière... Elle semblait ne plus vouloir jouer à la dame-pipi et maudissait en vain celui qui avait pu inventer pareilles toilettes à gaspiller des m3 d'eau. D'ailleurs, derrière le cabinet, elle remarqua que le compteur d'eau avait été posé à l'envers: 85300...
Mina finit par couper l'eau. Le bac avait cessé d'égoutter. Fallait-il pour autant prévenir le propriétaire et continuer comme si tout coulait de source, une fois le couvercle remis?

Le lendemain, elle prit cette décision pour le moins curieuse: elle ne tirerait plus systématiquement la chasse dans l'espoir d'économiser l'or bleu aussi souvent que nécessaire.
Ce fut ainsi que Mina partit uriner le plus tranquillement du monde.

samedi 14 avril 2007

Consom'acteur, pourquoi pas? (4/4)

"Quand c'est dégeulasse, c'est toujours trop cher!" disait quelqu'un de sensé à la radio.
Faut-il s'affamer comme le recommandent les anorexiques de la Diététique? Arrêtons de délirer... depuis le concept des hypermarchés, on est venu à regretter les petits intermédiaires. Poujadisme bis? La réalité c'est que les gens recherchent toujours un signe humain par-delà toute valeur d'échange, et lorsqu'on va à la boulangerie ce n'est pas pour retrouver Adam Smith. Hélas, dans notre quartier, les dépôts de pain ont déjà remplacé Raimu et sa femme.
Les tours de passe-passe pour contourner la grande distribution existent mais faut savoir jongler avec le temps et le porte-monnaie... N'y voyez aucune prescription là-dedans, puisque la consom'action est moins une solution qu'un pis-aller vers l'utopie... Vous me suivez?

1) Une solution économique: faire son marché, une fois par semaine. Préférer les producteurs locaux quand ils sont présents (à Paris c'est plus dur mais il existe -je crois- les paniers "franciliens" en vente direct, pensez-y!). Outre les fruits et légumes, on y trouve notre beurre et de bons oeufs de ferme.

2) A côté de chez nous, rue d'Alma, se trouve une vieille épicerie familiale de spécialités italiennes, portugaises et espagnoles. Gourmets comme nous sommes, on a décidé de nous y rendre plus souvent. On achète les pâtes, les sauces (excellentes), le chorizo, l'huile d'olive, le parmesan, les tomates séchées... Alors qu'à Géant, le rayon charcuterie/ fromage est tenu par une salariée qui tire la gueule en découpant à la va-vite des tranches de jambon industriel; ici ils se mettent en 4 pour vous servir tranquillement.

3) Cultiver son potager quand on a la possibilité dans l'espoir de s'auto-produire en plantes aromatiques et quelques légumes.

Reste qu'on va toujours chez Géant acheter nos produits laitiers et autres produits de consommation courante tels que le PQ...