Près de chez nous, de passage à Grenoble, quand notre petit appartement donnait sur une traverse qui semblait rejoindre les Kilimandjaros. C'était au printemps 2006. Là où trônait un vieux cerisier en fleur n'est plus à ce jour qu'un lointain cliché furtif:
Un graffiteur avait eu l'intelligence poétique de signifier ce dont tout le monde rêve ici-bas: un terrain vague pour des bambins échappés de Mon Oncle, un coin tranquille pour les amoureux se tortillant dans les herbes folles qu'on dit mauvaises, un bout de jachère pour les beaux yeux des passants en mal de déjeuner sur l'herbe... Autant d'interstices de liberté qui auraient rendu envieux n'importe quel promoteur!
A la place? Un bloc de béton a dû supplanté l'endroit et changé l'horizon d'une cuvette qui ne cesse de se densifier. Gommer la campagne intramuros reste une obsession toujours rentable.
A la place? Un bloc de béton a dû supplanté l'endroit et changé l'horizon d'une cuvette qui ne cesse de se densifier. Gommer la campagne intramuros reste une obsession toujours rentable.
Aujourd'hui, en regardant à nouveau cette photo prise à la va-vite, je me dis qu'un déclic subliminaire s'est peut-être produit... Que faut-il pour être heureux?
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