dimanche 22 avril 2007

La salopette bleue

M. Gomez a gardé du temps où il y travaillait une magnifique salopette bleue qu'il porte sur son marcel blanc et qui porte le nom de l'enteprise en lettres brodées, Terken. Mais la brasserie a fermé ses portes suivant tardivement le destin de l'industrie textile. Dépôt de bilan. Voilà 7 hectares abandonnés, des employés licenciés et tout un quartier qui meurt.




Les ouvriers ont presque disparus du paysage. A poximité, le peignage de la Tossée est allé poursuivre son activité à l'étranger. La Mairie a décidé d'un projet de reconversion passant par la démolition des habitations du quartier de l'Union. La majorité des habitants sont partis à force de pression, sans dire un mot à ceux qui sont restés, attachés à leur maison et à leurs souvenirs. Ceux-là attendent, s'opposent et voient défiler depuis des années des projets de toutes sortes, sans qu'un seul d'entre eux ne voit le jour.

Ce qui est sûr c'est qu'ils veulent changer la physionnomie de cet espace, que Roubaix ne soit plus dans l'esprit des gens cette ville sinistrée alignant maisons vétustes et friches industrielles mais une ville dynamique et colorée. Bref une ville pour les autres, pour ceux qui n'osaient pas s'installer si loin de chez eux, et qui font aujourd'hui un saut sur le trampoline pour arriver sur un coussin ouaté préparé par la Mairie.

A vendre. Vendu. A vendre. Vendu. Roubaix, ville à vendre. On passe de façade ravalée en façade lépreuse, de chemise blanche en salopette bleue.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Roubaix, Saint-Ouen, même combat! Je ne reconnais plus le quartier de mon père. Chaque fois que je sors du RER, il y a un immeuble en moins et un chantier en plus, avec partout du verre transparent. Le Jardin de la Demoiselle, projet alternatif qui devait s'établir sur les vieilles friches industrielles, n'aura jamais vu le jour...

Le quartier perd en charme ce qu'il gagne en dynamisme économique. Pour l'instant, c'est Bouygues qui s'active, demain il y aura des bureaux partout. Et plus des masses d'ouvriers en salopette bleue... Où iront-ils? Dans une nouvelle cité construite spécialement pour eux ou toujours plus loin de Paris?